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La santé mentale classée deuxième problème de santé publique en Haïti

November 30, 2017

« La santé mentale est un problème majeur en Haïti, et il faut le dire plusieurs fois. Quelles sont les réponses vis-à-vis de ce défi ? Elles sont quasiment inexistantes », a d’entrée de jeu expliqué celui qui vient en Haïti pour renforcer le système sanitaire haïtien.

Les plus optimistes des statistiques repèrent 15 psychiatres pour une population estimée à plus de 10 millions d’habitants. Et il n’y a que deux institutions qui prennent en charge les dégénérés mentaux. « La situation est critique. Les enjeux sont multiples et les ressources sont limitées », a tancé le Dr Hans Lamarre estimant que la situation est inquiétante.

Elle l’est beaucoup plus parce que, d’une part, nous n’avons pas assez d’informations sur l’état des choses et d’autre part, nous n’avons pas de structures qui nous permettent d’agir correctement. Mais une chose est sûre, l’environnement du pays favorise le développement des maladies mentales.

Le psychiatre de formation précise que la situation d’Haïti est particulière. La population haïtienne est confrontée à la fois à un stress chronique, prenant corps dans la faible accessibilité aux besoins de base des individus, qui est de nature économique, politique et sociale et à des stress plus aigus provoqués par les catastrophes naturelles.

Le directeur du département de santé mentale à la Faculté de médecine de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) est clair sur ce point. La santé mentale est un problème qui impacte la société haïtienne. Il cite l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui établit que la santé mentale est le deuxième problème de santé publique en Haïti, d’autre part, l’OMS identifie les problèmes de santé mentale comme le premier problème mondial de santé publique.

Si la santé n’a jamais fait l’objet de préoccupations des gouvernements, aujourd’hui, il faudrait qu'elle le soit. La mise en place d’un réseau de prise en charge de santé mentale ne peut plus attendre. L’Etat à lui seul ne peut faire face à un enjeu d’une telle envergure. Il sera nécessaire de travailler avec les organisations internationales», exhorte le médecin.

Ce système qui visera au traitement des problèmes de santé mentale en Haïti, met en garde le psychiatre, ne doit pas dépendre seulement des psychiatres. Selon le psychiatre, le modèle qui prévaut en Haïti est celui de la psychiatrie communautaire. Celui-ci table très peu sur les infrastructures, mais mise beaucoup sur les ressources humaines. Il faudra investir dans la formation des professionnels médecins et non-médecins, à savoir les psychologues, les travailleurs sociaux, les infirmiers et les psycho-éducateurs.

L’Etat doit investir pour plusieurs raisons parce que les maladies psychiatriques sont de vraies maladies. Elles entrainent souffrance, détresse, douleur... Elles affectent l’individu de manière variable mais certaine.

Hans Lamarre rappelle que la psychiatrie, cette branche de la médecine, n’exige pas de grands moyens. Les outils sont là. Il s’agit d’une volonté politique. Il revient aux autorités de prendre conscience et de regarder en face les enjeux que pose la santé mentale et de mettre en place les structures.

Le Dr Hans Lamarre plaide en faveur de la réhabilitation de l’institut Mars and Kline, l’un des centres neurologiques prenant en charge les maladies mentales. Pour qu’il puisse remplir sa double mission, prise en charge et formation des résidents, il croit que le centre hospitalier doit intégrer la structure de l’Hôpital de l'université d’État d’Haïti (HUEH).

Par ailleurs, le Dr Hans Lamarre estime que la santé n’a jamais fait l’objet d’un enjeu politique en Haïti. Elle ne figure pas non plus parmi les priorités de l’Etat. « La budgétisation de la santé dans un pays montre clairement la place qu’occupe ce secteur dans l’ordre des priorités des gouvernements», a-t-il dit.

Si seulement 4, 3% du budget national est alloué à la santé en Haïti, 85 % est dédié aux salaires. Ce qui laisse très peu de fonds pour l’achat des médicaments, l’entretien des infrastructures ou la création de nouveaux services.

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