Jovenel Moïse donne les pleins pouvoirs à la police frontalière pour appréhender les contrebandiers

Le chef de l’État, en mode dénonciateur, n’a pas mâché ses mots pour administrer une douche aux contrebandiers. « Anpil moun, anpil otorite, anpil gran komèsan, ti komèsan, nan mouvman kontrebann ». À entendre Jovenel Moïse, la frontière est poreuse et elle mérite une surveillance attentive.

D’où la nécessité, pour lui, d’avoir une unité de police frontalière. Ce corps spécialisé, indique Jovenel Moïse, est important pour l’avenir du pays. « L’État se doit de faire respecter le code douanier du pays, lutter contre le trafic de drogue, des armes, des hommes, et d’autres actes malveillants. »

Jovenel Moïse a exhorté les nouveaux agents à mettre la main aux collets des hors-la-loi quel que soit leur niveau social. « Personne n’est au-dessus de la loi », soutient-il, avant de rappeler l’inexistence de l’État durant ses dernières décennies le long de la frontière. « Ils ont acheté la frontière et font tout ce qu’ils veulent », s’insurge le président Moïse, racontant ce qui s’était passé à Belladère avant que des individus ne soient relâchés à Mirebalais.

Pour le chef de l’Éxecutif, 400 millions de dollars de taxes non perçues sur la frontière représentent beaucoup. Cet argent, a-t-il avancé, pourrait aider à construire 15 000 salles de classe afin de scolariser les 10% des enfants non encore scolarisés sur le territoire.

Le président de la République croit que son administration a besoin de 450 millions de dollars pour y arriver. « La police est au cœur des efforts entrepris pour redorer l’image d’Haïti », a indiqué le chef de l’État. Le locataire du palais national reconnait que le travail de la police ne sera pas accompli sans l’accompagnement de la justice, car cette dernière doit condamner les coupables.

Le directeur général de la PNH, Michel-Ange Gédéon, rejoint le chef de l’État en soulignant que la contrebande entraîne manque à gagner pour le pays.

« Haïti et la République dominicaine partagent une frontière de 388 km. Cet espace commun est une source de grande opportunité économique et une grande menace en matière de sécurité publique », a concédé le chef du haut état major de la PNH.

Michel-Ange Gédéon insiste sur le fait que l’institution policière se doit d’amplifier sa présence par obligation et par prudence. Le patron de la PNH explique que cette unité devra assurer, entre autres, la surveillance et la sécurisation des quatre coins de passages officiels entre les deux pays partageant l’Île, surtout une centaine d’autres points qui se révèlent plus dangereux et plus menaçants pour la sécurité du pays. Il réitère sa volonté de freiner le trafic des milliers de jeunes filles et enfants sur la frontière.

Le chef du haut état-major de la police nationale exhorte par ailleurs les nouveaux gradués qui seront déployés sur les quatre points officiels de la frontière à repousser les différentes offres qui leur seront faites. « Vous ne serez pas à la frontière pour danser le bachacha ou le meringue. Vous allez accomplir un devoir citoyen. Le pays doit passer avant les fantaisies et les émotions », prévient le chef de la police.

Cette nouvelle unité spécialisée aura pour mission de sécuriser les zones frontalières ; prévenir et réprimer la criminalité organisée transnationale ; aider la police administrative au besoin ; collaborer avec les institutions étatiques (douane et migrations) ; supporter les agences étatiques opérant sur la frontière ; et coopérer avec la police dominicaine dans le cadre de sa mission.

La ligne frontalière s’étend sur 388 km de la baie de Fort-Liberté (Nord-Est) jusqu'à Anse-à-Pitre dans le Sud-Est. Comme pour prouver l’importance de ce corps pour le pays, le commissaire divisionnaire, chef de la POLIFRONT, rappelle que L’État est présent aux passages officiels uniquement aux heures des opérations. « Il existe quatre passages officiels et 87 points de passages clandestins dont 6 accessibles en voiture et 51 accessibles à moto », a révélé Marc Justin. Ce qui explique, selon le commissaire que la frontière est si poreuse et facilite les activités criminelles et la contrebande. Cette dernière, a-t-il fait savoir, menace la sécurité de façon multidimensionnelle car, elle permet aux gangs armés de se procurer des armes et des minutions.

Après la cérémonie de graduation en présence des officiels et des membres du corps diplomatique, le président de la République, accompagné du chef de la Primature et de la mairesse de Tabarre, en a profité pour inaugurer le quartier général de ce nouveau corps spécialisé à Tabarre 44.

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