Please reload

Recent Posts

I'm busy working on my blog posts. Watch this space!

Please reload

Featured Posts

Haïti a le taux de collecte de déchets solides le plus bas du continent américain

May 8, 2018

Les pluies intermittentes de ces derniers jours ont encore pointé du doigt le niveau accéléré de la dégradation de notre environnement. Inondations, glissements de terrain, des centaines de milliers de bouteilles et sachets en plastique ainsi que des assiettes en styrofoam jonchant le canal du Bois-de-Chêne, l’un des plus grands dépotoirs à ciel ouvert de la République, témoignent de notre grande vulnérabilité et surtout du cuisant échec de nos dirigeants dans la gestion de l’environnement.

En effet, le spectacle hideux des amas d’assiettes en styrofoam recouvrant le Bois-de-Chêne les apportant à la mer a fait les choux gras des réseaux sociaux. « Il neige bouteilles et sachets en plastique et des assiettes en styrofoam sur Port-au-Prince. Le Bois de Chêne les apporte à la mer. L'Etat régulateur a échoué. Le consommateur se régale. Les vendeurs s'enrichissent. Li lèd. Nou lèd. #Haiti #plastique», a tweeté Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste.

Un autre tweet de Robenson Geffrard, journaliste au Nouvelliste, signale comment les présidents Martelly et Moïse se sont plantés en pensant pouvoir résoudre le problème des déchets solides dans le Bois-de-Chêne en allant eux-mêmes le curer. Alors que tout le monde ou presque sait qu'il ne suffit pas de nettoyer simplement le Bois-de-Chêne, a tweeté Geffrard, car le Bois-de-Chêne ne produit pas les fatras.

Le problème est ailleurs. Le dernier rapport de la Banque mondiale, Les villes haïtiennes : des actions pour aujourd’hui avec un regard sur demain, informe qu’Haïti a le taux de collecte de déchets solides le plus bas de la région Amérique latine et des Caraïbes (12,4 %) —loin derrière l’avant-dernier pays de la région, le Paraguay (57 %), et derrière des pays africains à bas revenus comme le Sénégal (21%), le Bénin (23%), le Mali (40%) et hors d’atteinte du Ghana avec un taux de collecte de 85 %.

Le peu de services d’évacuation des déchets solides exacerbe les risques d’inondations et de maladies, poursuit le rapport de la Banque mondiale, estimant que la gestion des déchets solides est un élément capital pour assurer une urbanisation productive puisqu’une évacuation efficace des déchets est essentielle pour un environnement urbain sain.

En outre, aucun déchet collecté dans les villes haïtiennes n’est éliminé dans une décharge sanitaire mais de préférence dans les cours d’eau, ce qui exacerbe les risques d’inondations urbaines avec son lourd tribut de maladies associées. En effet, le rapport note que 42,5 % des décès en Haïti sont attribués à des maladies transmissibles et que les maladies propagées par voie hydrique sont l’une des principales causes de mortalité infantile en Haïti.

« La forme la plus répandue d’élimination est d’utiliser des dépotoirs à ciel ouvert qui représentent 62 % de l’élimination des déchets dans le pays, soit 1,2 million de tonnes de déchets par an. Cette proportion place le pays avant-dernier en Amérique latine en termes de déversement, proche du Guatemala à 69,8 % et avant le Nicaragua à 59,3 % », explique le rapport de la Banque mondiale.

A l’avenir, ces défis ne peuvent que se renforcer, avertit le rapport paru récemment. D’après un autre rapport de la Banque mondiale « What a Waste » (Quel gâchis), la production de déchets solides est susceptible d’exploser dans des pays comme Haïti pour passer d’une évaluation de 3233 tonnes par jour aujourd’hui à 11 152 tonnes par jour en 2025.

La Banque mondiale propose d’investir pour aborder les déficits en services de base

Des investissements dans des infrastructures de services de base supplémentaires sont nécessaires et urgents pour répondre aux besoins croissants. Les énormes déficits en matière de services urbains, comme l’eau, l’assainissement et la collecte de déchets solides, imposent de gros investissements immédiatement. À court terme, Haïti peut investir dans les services de base en exploitant l’implication de la communauté et en améliorant la gestion et la prestation des services grâce au renforcement des capacités des gouvernements locaux, préconise la Banque mondiale.

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Follow Us

I'm busy working on my blog posts. Watch this space!

Please reload

Search By Tags