PetroCaribe: Port-au-Prince sous tension ce dimanche

Une manifestation pour dénoncer la dilapidation des fonds du programme PetroCaribe a tourné en échauffourées ce dimanche à Port-au-Prince. Les agents de la police anti-émeutes ont fait usage de gaz lacrymogènes pour empêcher la foule (évaluée à quelques milliers de participants) de se rendre vers l’hôtel Marriott, alors que celle-ci se trouvait à proximité de la Natcom (Pont-Morin). Les manifestants ont voulu se rendre près de l’hôtel dans le but, disent-ils, d’aller chercher l’argent de Petrocaribe que l’ancien président Michel Martelly avait affirmé avoir investi dans cet établissement hôtelier. Après l’intervention des agents du CIMO, certains manifestants, en colère, ont érigé des barricades de pneus enflammés au niveau de Lalue, alors que certains autres se sont rendus au Champ de Mars, via l’avenue Lamartinière.

La circulation était impossible à Lalue, Champ de Mars et dans quelques artères de Nazon durant plus d’une heure. L’intervention des forces de l’ordre pour déblayer les rues et disperser les petits attroupements a favorisé un retour à la normale en début d’après-midi.

La marche de ce dimanche a eu plusieurs points de rassemblement à Pétion-Ville, à Delmas et au centre ville de Port-au-Prince. Beaucoup de sympathisants de l’opposition, regroupé au sein du « secteur démocratique et populaire », ont été remarqués. Le député Printemps Bélizaire, l’ancienne Ministre Marjorie Michel, Serge Jean Louis, le Secrétaire général de MOPOD étaient également présents.

Selon Serge Jean Louis, la bataille contre la corruption et l’impunité a pris un nouvel essor avec la mobilisation contre la dilapidation des fonds Petrocaribe. « La bataille contre la corruption c’est celle du secteur démocratique. C’est le combat du MOPOD depuis l’année de sa fondation en 2012 », a-t-il répondu alors qu’il était questionné sur le débat concernant la participation ou non des acteurs politiques dans cette mobilisation.

Marie Yolène Gilles de la fondation « Je klere » a été remarquée à la marche. Elle souligne qu’elle va combattre jusqu’au bout afin qu’on fasse la lumière sur l’utilisation de l’argent de Petrocaribe. « Il faut un véritable procès pour établir la vérité », estime-t-elle. Si la Cour des comptes a affirmé que son rapport sera prêt en janvier, Marie Yolène croit que les juges de cette instance devraient aller plus vite. « La population en a marre. Elle ne peut pas attendre tout ce temps. La justice et la Cour des comptes ont chacun leur travail à faire. Le travail de l'une ne peut empêcher l’autre d'avancer », argue-t-elle, appelant la population à la mobilisation.

Pour sa part, le directeur exécutif du Centre d'analyse et de recherche en droits de l'homme (CARDH) a estimé qu’il y a une « suspicion légitime » sur la cour des comptes. « Suspicion légitime parce que la Cour a commenté sa décision d’octroyer décharge à Sophia Martelly. Une cour ne doit pas commenter publiquement sa décision. De plus je ne comprends pourquoi les juges ont communiqué un calendrier d’activités. Troisièmement comment le Président, dont le nom est mentionné dans un rapport du Sénat, a-t-il pu convoquer la Cour? Elle est une instance autonome. Fort de tout cela, je pense qu’elle ne pourra pas mener l’enquête », assène-t-il.

Ce dimanche, les chefs de file de PetroCaribeChallenge n’ont pas été remarqués sur le parcours. La marche n’a pas été non plus convoqué par les fers de lance de mobilisation contre la dilapidation des fonds PetroCaribe version 2.0. En off, l’un des chefs de file a expliqué que l’absence des « petrochallengers » est dû à un problème d’agenda. « AyitiNouVlea est, depuis le début du challenge initié par les artistes, un groupe qui comprend plus de 500 membres et qui continue de grandir à un rythme exponentiel. Ce dimanche, il y avait une grande réunion de réflexion sur les problèmes du pays, dont la corruption, et des propositions de solution. Les jeunes doivent pouvoir non seulement dénoncer, mais aussi proposer et éduquer la population. Cette réunion a été planifiée deux semaine plus tôt, et vu l’agenda des participants et le processus qui a permis de trouver un consensus sur la date, on ne pouvait pas décommander. Toutefois, AyitiNouVlea continue de supporter toutes les initiatives visant à dénoncer la corruption et intensifier le PetrocaribeChallenge qui est le combat de toute la nation », a-t-il expliqué au Nouvelliste.

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